Daniel Melingo en concert le 26 avril 2008  Maldito Tango
Cave Aubaï Mema, à Aubais (entre Montpellier et Nimes)
Melingo, ce dandy du tango aux manières de comédien chante les bas-fonds avec désinvolture et sensualité et nous offre un tango insolent, dépoussiéré et plutôt déjanté…
Ouverture des portes dès 19 h Concert à 20h Il virevolte avec une grâce tragi-comique, s’agenouille comme à l’église puis bondit comme un diable pour arpenter la scène avec un partenaire imaginaire. Mi-acteur, mi-chanteur, Daniel Melingo hypnotise l’assistance tant il semble posséder par son propos, à cheval entre l’hommage et la parodie, de dynamiter l’héritage du tango. Un héritage qu’il fait remonter aux origines du genre, dans les bas-fonds de Buenos Aires il y a un siècle, alors qu’il n’était encore qu’une danse de mauvais garçons attendant leur tour dans les bordels, puis un répertoire de chansons en lunfardo, l’argot des taulards et des faubourgs porteños. Né en 1957, Melingo en connaît d’ailleurs un rayon en matière d’underground. Il conserve dans son pays une auréole d’icône du rock national, gagnée au début des années 1980 avec Los Twist et Los Abuelos de la Nada. Après une dizaine d’années passées en Europe, il décide à son retour en Argentine de renouer avec la musique qui avait bercer son enfance. Minot, par l’intermédiaire de son beau-père impresario, il avait notamment cotôyé le grand Edmundo Rivero, chantre du « tango-reo » (ou tango des prisons), qui bâtit tout son répertoire sur de la poésie en lunfardo. Melingo poursuit désormais son œuvre, en interprétant des textes inédits et oubliés d’Enrique Cadicamo, Celedonio Flores, Carlos de la Púa, Dante Lyniera, ou de son contemporain Luis Alposta, président de l’Académie du lunfardo. Après Santa Milonga, une compilation de ses disques sortis outre-atlantique, son nouvel album Maldito Tango est une succession de chroniques où défilent les personnages du petit délinquant, de la prostituée, du clochard et du maquereau, dans une sorte de comédie humaine des rues malfamées de Buenos Aires. La voix tendre et rocailleuse du chanteur, qui semble sortie d’outre-tombe, contraste avec l’orchestration sophistiquée d’un quartet typique (violon, bandoneon, guitare, contrebasse) sur laquelle viennent se greffer par surprise des sonorités de clarinette, scie musicale ou guitare électrique. Emprunt d’un profond respect pour la tradition, Melingo n’en propose pas moins une version personnelle et novatrice du tango, qui intègre son goût pour le psychédelisme, la fusion et l’improvisation (écoutez notamment « Cha Digo ! », « Pequeño Paria » et « Eco il Mondo »). D’une beauté envoûtante, ce disque bénéficie en outre du singulier packaging du label Mañana (pochette en carton découpé qui s’ouvre en trois dimensions). Sa sortie est enfin une occasion à ne pas manquer de découvrir l’artiste sur scène, dans une performance musicale et théâtrale explosive. Yannis Ruel (pour salsapaca) Avant, pendant et après le concert : Bal tango, musicalisé par Luigi ... et aussi, dès la veille, vendredi 25 avril à Aubaï Mema, bal tango des potes à Melingo: on comptera les allumés, en présence de Gomelin.
|