La Esquina Del Movimiento:
William Vivanco. El Mundo Esta Cambia'o.
© Planète Aurora/Naïve 2009
Comme encore un signe de son désenclavement culturel, Cuba produit des artistes nouveaux qui explorent les richesses musicales du monde alentour.
Cet album étonnant par ses multiples sonorités caribéennes et sa force tranquille qui confirme cet allégement.
Un disque mélodieux et très riche, plein, et dénué d’agressivité et que l’on peut ranger dans la catégorie world music grand public. Hyper agréable à écouter avec des background vocals légers et suaves, une toute petite section cuivre discrète mais efficace des cordes sautillantes et limpides, des percussions anecdotiques mais ponctuelles.
Un hommage précoce à Haiti dans le premier titre, (Palo Haïtiano), une révérence à la musique africaine avec La Cuica, et une accolade au Brésil avec Samba de Los Cotuntos, agrémenté d'un travail vocal osé, font de cet album une nouveauté dans ce que l’on connaît de l’ensemble de la production cubaine classique. Une vraie bouffée d’air frais.
William Vivanco se produira au Babel Med de cette année à Marseille, un rendez vous à ne pas manquer.
http://www.myspace.com/williamvivanco
©Marco / Salsapaca - Mars 2010
Vampisoul contre les vampires industriels
www.vampisoul.com
www.myspace.com/vampisoul
Une fois n’est pas coutume. Avant de parler du produit, apparait indispensable de rendre justice à un certain nombre de personnes. Des gens qui font un travail salutaire et d’une qualité rare.
Aux travers de choix, tant judicieux que risqués, un label s’oppose comme un contre pouvoir culturel face aux formatages et les manipulations, des goûts, des sonorités, des mentalités...
Aujourd’hui nous parlerons très brièvement de Vampisoul sans trifouiller à la loupe sur le catalogue, nous dirons simplement que la production de ce label mérite d’être connue et soutenue par l’achat de ses produits.
Spécialisé dans la soul, dont une partie dans le Latin Groove: boogaloo, Latin jazz, salsa, ce label est exemplaire sur le rapport qualité prix autant que du choix de sa production. Un catalogue riche et perlé de pépites qui ont été traquées jusqu’au fin fond de la galaxie Soul, même jusqu’au Pérou.
Pour tous les adeptes du genre, mais aussi pour l’ensemble de ceux qui apprécient la musique et les musiciens, pour ceux qui aiment la musique populaire et urbaine, la connaissance du catalogue et l’achat de quelques pièces sont inévitables.
D’autant plus que le produit fini est aussi fonctionnel qu’esthétique en parfaite harmonie avec le contenant.
Vampisoul fait un boulot plus que correct et mérite d’être estampillé label rouge dans tous les sens du terme, parce que d’utilité publique pour l’histoire de la musique et des musiciens et aussi pour le goût qui met la barre haute en matière de qualité créative et musicale.
Les vampires n’ont pas encore gagné.
©Marco / Salsapaca - Février 2010
Le Grand Fellove. Mango Mangüe
VAMPI CD 119 / Compilation and notes by Luc Delannoy / Artwork by Fioramonti
©Francisco Fellove Valdés / Distrolux, SL - 2010.
Chez Vampisoul, Willie Bobo, Mongo Santamaria, Joe Bataan, Pete Rodriguez, comme les bons plans du barrio, sont les références que nous retiendrons sur le latin Groove catalogué, -pour faire très court et avec partialité.
Réputé danseur, confirmé crooner, sa musique et ses compositions, reflètent un goût particulièrement raffiné autant pour le mouvement et l’harmonie que pour les références mélodiques d’un Cuba en or.
L’accolade au jazz et le clin d’oeil à la bossa, le salut à Beny more, et l’expression cuivré du terroir font de la partie instrumentale une base solide et variée.
Mais le fil conducteur de cette compil, certainement, et si c’est le cas, magnifiquement remastérisée, est la voix et la technique de chant de Francisco Fellove Valdes, baptisé Le Grand par un directeur de la RCA de son époque.
Déjà stylées au point d’en être difficilement imitables, les variations de timbre et la voix du Grand sont magistralement agrémentées de deux cœurs masculins qui font du Sha Ba Da Ba Da, une science exacte et un apport indispensable.
Et si Fellove n’est qu’une virgule dans le rayonnement et le listing des interprètes qu’a engrangé et distribué généreusement le Cuba des années 50, c’est une virgule qui vaut son pesant de notes, emblématiques de son esprit, festif et sublime.
L’on comprend mieux alors les larmes émues des certains musiciens exilés quand ils chantent leur nostalgie des nuits havanaises. C’était un temps ou l’on savait s’amuser en produisant du qualitatif, Fellove en est la preuve de cet esprit, et Vampisoul une Tranché de Résistance contre la morosité et l'oubli.
CALAMBUCO
Salsa Brava from Colombia!
CDS: Como en El Barrio 2006 & Rompiendo El Cuero 2009
http://www.calambuco.net/ http://sabaprod.com/

J'en suis au 5ème titre de leur 2eme album et je m'arrête là. Je vais acheter les 2 albums avec un crédit de six titres restants sans écoute.
Voilà ce qu'ils ont gagné ces bougres de salopards.
Une maitrise qui fait trembler, la poésie des instruments, la puissance des vents, les références du tempo, attention tueurs !!
2 cds faits pour le dance floor et qui réclament des danseurs dignes de ce nom. Des danseurs avec des jambes. A l'affût du phrasé sur le sol, et l'oreille avide de figures stylées, des athlètes du mouvement et de la chorégraphie spontanée.
Calambuco est produit pour collectionneur de qualitatif, une névrose, pousser les mélomanes au vice et les danseurs, les vrais, sur une piste.
Une machination implacable.
Je m'arrête après avoir écouté "Ok, lo Que Sea", instrumental à solos dévastateurs, une bonne dizaine de fois en boucle.
Ils ont gagné, j'achète.
MUSICOS
Andrés Felipe Succar Piano coro
Juan José Florez Bajo
Mauricio Castillo Congas, coro, trombon
Ray Chino Escobar Congas, timbales, bongo, campana
Alvaro Herrera Congas
Julian Chaves Bongo, campana
Carlos Parra Trompeta
Edison Ibarra Trompeta
Carlos Tabares Trompeta
Francisco "Pachito" Echavarría Voz, coro
Eignar Rentería Voz, coro
Santiago Jimenez Tres
Toño Barrio. Latin Groove
© 2009 MTM Ltda.

La salsa se cherche et se recherche dans l’immensité de sa production.
Elle a commandement de se diversifier pour persévérer.
Toño Barrio fait partie des chercheurs et tente de lui donner un goût agréable.
En mêlant le groove et l’urbain comme épices novatrices avec d’excellents musiciens et 12 titre variés dans lesquels tout le monde peut se rassasier, il ajoute à la saveur du genre.
Plus de basses agressives comme une pincée de sel, seraient bienvenues à la recette, mais si l’on à faim, cracher dans la soupe serait vraiment déplacé.
http://www.myspace.com/toniobarrio
La Makina del Karibe. Radio Gozambike
Grabado en Colombia
TU KOSO RECORDS 2008

Nom d’un chien! Qu’elle est fraîche la Champeta! Et que cette connexion extraordinaire entre l’Amérique du Sud et l’Afrique est revigorante.Radio Gozambike n’est pas le disque l’année certes, mais je connais quelques africains et congolais en particulier qui tomberaient des nues en l’écoutant !
Mais qui joue de la guitare de cette manière en Colombie ? Sont-ce des remixes, du montage, ou du copié collé de la production africaine ?
Ou existe-t-il de vrais musiciens spécialisés dans le genre et qui feraient un carton à Kinshasa ou à Brazza ?
L’espagnol dans le texte laisse pantois en vertu du mélange des genres, mais la dynamique vous propulse sur la piste avec un coup de pied au derrière qui n’en arrête plus de frétiller.
Grave, très, très grave… http://www.myspace.com/lamakinadelkaribe
Calle 13. Los De Atras Vienen Conmigo
Sony/BMG - 2008
http://lacalle13.com/
http://www.myspace.com/calle13
Les Magiciens.
Une magie qui consiste à prendre tout ce qui n'est pas latin en matière de musique populaire avec quelques exceptions référentielles, et en faire un pur produit international.
Des jongleurs. Qui jouent avec le feu, virevoltant entre la soul, le reggae, le funk, le chant, le hip hop, sans se bruler.
Des jongleurs. Avec le verbe comme matière. De ceux qui calculent leurs mots sans pour autant les étouffer. Simple, direct, explicit lyrics, sans la pornographie. En espagnol dans le texte.
Des musiciens.
"No hay nadie como tu (clean version)" est un hit qui mérite l'attention des programmateurs de radio, et siffler dans les oreilles des directeurs artistiques de festivals internationaux, s'ils n'ont pas été transformés en belles aux bois dormant.
Des musiciens professionnels. Maniant le clin d'œil musical et la forge volcanique avec suffisamment de dextérité pour permette aux alliages de développer un fort sentiment d'identification.
Une adresse. Calle 13.
Du genre qu'on à du mal à oublier...
Layori. “Origin”
Layorimusic//kosmo Music GmbH//LC 03252
On pourrait s’éterniser sur le regard lascif de cette beauté nigériane, mais on se concentrera plutôt sur la jolie voix alto dont elle nous gratifie dans cet album acoustique à la qualité sonore exceptionnelle.
Calme et mélodieux, magnifiquement instrumenté, les 2 guitares, la basse, le background vocal et quelques cuivres occasionnels font de ce disque une écoute parfaite du matin au soir.
11 titres qui vous promettent une journée radieuse et un constat sur la créativité de cette princesse africaine.
"LAYORI est née au Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique. Layori est le diminutif de son deuxième prénom, qui veut dire « sauvée par la grâce ». Quand elle était à l’école primaire, son père a décidé d’émigrer à New York avec sa famille. Quelques années plus tard, le père de famille, craignant de perdre son identité culturelle, retourne au Nigéria. Layori va alors réapprendre à vivre à l’africaine...
plus> http://www.layori.de/
Esta dirección electrónica esta protegida contra spambots. Es necesario activar Javascript para visualizarla
Gilles Perteson presents:
Havana Cultura new cuba sound
www.brownswoodrecordings.com / www.gillespetersonworldwide.com / www.havanacultura.com
La révolution avait mis la corde au cou de tout apport culturel et sonore de l'extérieur, se consacrant à une production musicale sclérosée et propagandiste comme la peau de chagrin d'un peuple.
Peine perdue ! Aujourd'hui, au travers de cette formidable compilation (2 disques) d'artistes cubains post révolutionnaires, le génie et la créativité sont au rendez vous. A défaut d'être comme il y a un demi-siècle les leaders de l'exotisme bon marché et les rois du dancefloor, Cuba rattrape son retard en avalant toutes les meilleures notes sur son chemin.
Gilles Peterson ne s'y est pas trompé, fort d'une oreille altruiste, il délivre un message clair, le talent perce les oripeaux du passé avec force sonorités.
Maturité oblige, les références sont en place sans chauvinisme pour permettre une écoute large, agréable, suave et percutante dans laquelle, le jazz, le hip hop, le chant, le reggae et le traditionnel, s'accordent autant à l'unisson qu'a triple voix. L'étonnante Danay D1.4 avec Lagrimas de Soledad, Le hip hop lancinant d’Oguerre et Mami, -boogaloo jazz- apparaissent comme une évidence et un renouveau qui renvoie la Timba à une musique de supermarché.
On vous épargne l'analyse musicale et fastidieuse en vous évitant de lire une liste considérable de termes recomposés et peu scientifiques.
Ce produit intéresse ceux qui aiment le Latin world et ses fabuleux musiciens.
On n'ose penser qu'il s'agit d'un arbre bien juteux qui cacherait une forêt, donc, cueillir le plus possible, presser et boire sans contrainte de régime.
Cumbia Ya. 'No me Busques'
On dira chat alors au lieu de parler de chèvres !! La cumbia s'embourgeoise et quitte les terrains bourbeux pour se donner des airs de citadine.
Celle là s'écoute en fond sonore en dégustant des tartines de guacamole et en sirotant un rhum millésimé. Très agréable et parfait pour induire une ambiance festive et décontractée pendant l'apéro espagnol. La rurale des puristes rentrera par la fenêtre un peu plus tard dans la soirée.
Le disque se prend sans discontinuer. Il défile au gré des conversations avec un air de campagne chatouilleux ou l'on sent l'odeur des chevaux mais pas celle des écuries.
Vampisoul. 'Back To Peru Vol 2'

C'est un peu le trésor des incas. Ainsi donc à Machu Pichu ou quelque part à Lima, dans un obscur tombeau reposaient des perles de soul péruvienne, secrètement composée entre 64 et 74.
Les anthropologues n'y ont vu que feu et feraient bien de se tâter le crane en une recherche fébrile.
Y'a tout, l'ambiance, les arrangements, les guitares, l'esprit de la soul. Divinement rétro et super branché. Imaginez un festival sur la Cordillère des Andes.
C'est de l'ambiance de bar sympa et parfait pour la voiture.
Ne passez pas l'info aux Neville Brothers, ils s’en retrouveraient momifiés.
A savoir qu'il existe une autre compil de soul purement latine intitulée Sensacional Soul Vol 2.
Du même acabit chez Vampisoul.
Tomas R. Einarsson. Live
Latin Jazz - Blanott ehf.Records 2009
http://www.myspace.com/tomasreinarsson
Enregistré en live entre 2002 et 2009 cette compilation est une preuve que les extrêmes se rejoignent. Si les vikings se mettent au latin jazz comme les allemands à l’afrobeat, on peut véritablement parler de musique sans frontières.
Blue Havana nous imprègne d’une atmosphère tamisée des notes et subtilités réjouissantes. 9 titres à la rythmique orchestrée par la contrebasse du magicien islandais ; un voyage aux parages inconnus.
Les amateurs de jazz y trouveront leur compte, les inconditionnels du latin groove prêteront une oreille attentive, les musiciens esquisserons des sourires complices. Tomas R. Einarsson est tombé dans une marmite dont il aura du mal à sortir.
Pa’lante Maestro !
©Marco / Salsapaca - Février 2010










